Quand le poète Georges Ribemont-Dessaignes écrivait l’histoire du surréalisme à la radio…

Cet article s’inscrit dans le cadre d’une recherche sur les interactions entre le surréalisme et la radio et sur la fonction de la radio dans la construction de l’histoire littéraire. Au mitan du siècle dernier, alors que l’Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau suggère sinon l’obsolescence, au moins l’essoufflement de ce mouvement d’avant-garde né dans l’entre-deux-guerres, les membres du groupe cherchent à déjouer cette présomption d’inactualité. La radio se présente alors comme un espace susceptible de recueillir leur propre récit et d’en assurer une ample diffusion : il importe en effet de réaffirmer la vitalité du surréalisme au travers de supports à plus large portée que les revues, tracts et catalogues. C’est dans ce contexte que Georges Ribemont-Dessaignes, ex-dadaïste et sympathisant des surréalistes, assure un rôle de témoin et chroniqueur du mouvement sur les ondes de la Radiodiffusion française : la familiarité complice avec laquelle il fait intervenir ses anciens camarades dans ses émissions culturelles traduit un souci de dépasser les querelles internes du groupe au profit de son rayonnement.

Georges Ribemont-Dessaignes: mémorialiste du surréalisme sur les ondes, CoSMo : Comparative Studies in Modernism, 2026

Manon Houtart est Chargée de recherches FNRS au département de Langues et lettres françaises et romanes au Namur Institute of Language, Text and Transmedialityn, à l'UNamur

 

Photographie (c) Man Ray