Droits des femmes : des montagnes russes

Droits des femmes : des montagnes russes

Publié le 09 mars 2022

Droits des femmes : des montagnes russes

Marie-Sophie Silan, Aspirante FNRS à la Faculté de Droit, de Science politique et de Criminologie Université de Liège, travaille sur la condition des épouses et veuves liégeoises des 16e et 17e siècles.

Comme le rapporte Daily Science, une hypothèse répandue parmi les historiens est que la période des Temps modernes (du 15e au 18e siècle) a été défavorable pour les droits et libertés des femmes. Mais en épluchant les contrats de mariage et testaments conservés aux Archives de l’État à Liège, la chercheuse a découvert que les femmes de l’époque étaient plus indépendantes que l’on ne le soupçonne.

Ses résultats préliminaires montrent qu’il existait, dans la première moitié du 16e siècle, une certaine égalité entre conjoints dans la pratique juridique. « Quand on parcourt ces documents, on voit à quel point les épouses étaient actives dans l’administration de leurs biens. Surtout quand elles devenaient veuves. Elles acquièrent alors une indépendance et une autonomie juridique qu’elles n’ont jamais connue. »

« On constate aussi qu’elles entendaient défendre leurs intérêts économiques. En cas de remariage, elles savaient qu’elles allaient retomber sous l’autorité du nouvel époux, et les contrats de mariage démontrent qu’elles n’étaient pas disposées à se laisser faire ! La suite de mon étude déterminera si ce rapport entre époux change d’ici la fin du 17e siècle en raison, notamment, de l’influence du droit romain.»

Ces premières conclusions confirment les résultats d’études menées depuis les années 70 dans le champ de l’Histoire des femmes : « On sait que les femmes du passé étaient plus indépendantes et actives qu’on ne le pensait. L’évolution de leurs rôles dans la société et l’acquisition de leurs droits n’a pas été en ligne montante, comme on a encore tendance à le croire aujourd’hui. Cela s’apparente davantage à des montagnes russes. Et il est nécessaire que ce constat se diffuse aujourd’hui dans l’enseignement et dans la société », estime Marie-Sophie Silan.


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