Cet article édite pour la première fois un texte de la fin de l’Antiquité, récemment découvert dans un manuscrit médiéval conservé à Prague. Il s’agit d’une traduction latine de maximes (ou courtes sentences) grecques qui circulaient au Proche-Orient et en Méditerranée sous le nom de Pythagore entre le 1er et le 3 e siècle de notre ère. Ces maximes ont ensuite fait l’objet d’une traduction vers 400 par Rufin d’Aquilée, un important intellectuel italien. Cette traduction, encore lue au Moyen Âge, s’est égarée par la suite et est restée inconnue des modernes jusqu’à ce jour. Les maximes traduites proposent en condensé, adapté à un public chrétien, un enseignement sur la manière de concevoir le rapport de l’humain au divin, mais aussi sur sa conduite, avec de fortes connotations ascétiques. La découverte de ce texte est importante car elle offre un exemple concret de la diffusion ancienne de l’héritage philosophique grec en Occident.


