Votre navigateur ne supporte pas le javascript L'actualité chercheurs
DONS | |

L'actualité chercheurs

La qualité du sommeil révèle le risque de Parkinson dès la vingtaine

La maladie de Parkinson (MP) est la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue. Le nombre de personnes atteintes de MP dans le monde est passé de 2,5 millions dans les années 90 à 8,5 millions aujourd'hui, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines décennies.

Une étude menée par l’université de Liège révèle que le risque génétique de développer la maladie de Parkinson est associé à l’intensité et à la durée du sommeil paradoxal chez des individus en bonne santé âgés d’à peine plus de 20 ans en moyenne. Une avancée qui permet de mieux définir le lien entre sommeil et maladie de Parkinson.
 
Les scientifiques savent que le sommeil, en particulier le sommeil paradoxal, est altéré dès les premiers stades de la maladie de Parkinson. Il pourrait donc non seulement constituer un moyen précoce d'évaluer le risque de développer la maladie de Parkinson, mais aussi offrir de nouvelles cibles d'intervention (puisqu'il est possible d'agir sur le sommeil). Cependant, on ne sait pas exactement quand et comment ce lien entre sommeil et MP apparaît chez les personnes en bonne santé.
 
Les résultats de l’étude montrent que le risque génétique de développer la MP est lié à l’intensité des ondes thêta ainsi qu’à la durée du sommeil paradoxal. Autrement dit, davantage d’ondes thêta et plus de sommeil paradoxal semblent indiquer un risque plus important, et ce, deux à quatre décennies avant l’âge habituel d’apparition des symptômes moteurs. Chez les participants plus âgés, la tendance s’inverse : plus d’ondes thêta et plus de sommeil paradoxal sont cette fois liés à un risque moindre.
Ces résultats indiquent que le suivi des changements du sommeil pourrait devenir un outil clé pour identifier précocement les personnes à risque et orienter des stratégies de prévention ciblées, notamment en agissant sur le sommeil.
L'équipe de recherche est notamment composée de Fabienne Collette, Directrice de recherches FNRS, Christine Bastin, Directrice de recherches FNRS, Christophe Phillips, Directeur de recherches FNRS, Pierre Maquet, Professeur ordinaire, Promoteur principal PDR FNRS, et Gilles Vandewalle , Directeur de recherches FNRS.
 
Illustration © Puneet Talwar
 
Vanderwalle

EUREKA revient pour une saison 4

Découvrez les nouvelles capsules EUREKA sur RTL TVI. 

Alix Battard reçoit des chercheuses et chercheurs FNRS pour décrypter leurs travaux et comprendre l'impact de leurs recherches sur la société. 

Chaque capsule explore une question scientifique, met en lumière l’importance de la recherche fondamentale, et l'importance de financer cette recherche :

  • « Nos poumons renferment-ils une arme secrète contre les maladies ? » avec Coraline Radermecker, Chercheuse qualifiée FNRS à l'ULiège
  • « Comment récolter, recycler et convertir l’énergie en s’inspirant des espèces naturelles ? » avec Sébastien Mouchet, Chercheur qualifié FNRS à l'UMONS
  • « La « maladie du foie gras » touche 30% de la population belge : comment la prévenir et la traiter ? » avec Nicolas Lanthier, Chercheur clinicien FNRS à l'UCLouvain
  • « Comment développer des médicaments plus efficaces, avec moins d’effets secondaires ? » avec Francesca Cecchet, Chercheuse qualifiée FNRS en physique à l'UNamur 
  • « Pourrons-nous bientôt combattre tous types d’infections ? » avec Cédric Govaerts, Directeur de recherches FNRS à l'ULB
  • « Quels droits pour les victimes des systèmes d’intelligence artificielle ? » avec Ljupcho Grozdanovski, Chercheur qualifié FNRS à l'ULiège
  • « Peut-on encore sauver la banquise ?  » avec François Massonnet, Chercheur qualifié FNRS à l'UCLouvain 
  • « Une méthode moins invasive pour suivre et traiter les cancers » avec Françoise Rothé, Chargée de cours, Promotrice principale Télévie à l'ULB
  • « Comment développer des traitements moins nocifs et plus ciblés contre les cancers des enfants ? » avec Anabelle Decottignies, Directrice de recherches FNRS à l'UCLouvain
Les capsules sont à retrouver chaque semaine sur RTL TVI et sur notre chaine youtube 

🎥 Une production Limonade
 
Eureka-2026

Nokia Bell Scientific Award: Lauréate 2025

Le Fonds de la Recherche Scientifique – FNRS et le Research Foundation – Flanders (FWO) décerne le Prix scientifique Nokia Bell en reconnaissance d’une thèse de doctorat exceptionnelle apportant la contribution la plus originale dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

Le 16 décembre, Elisabeth Heremans (KU Leuven-ESAT) a reçu le Prix Nokia Bell 2025 pour sa thèse de doctorat intitulée « Analyse automatisée du sommeil : de l’hôpital à l’environnement domestique ».

Nokia-Resultats-2025


Le McKinsey & Company Scientific Award récompense une recherche sur l’épuisement parental

Marie Annelise Blanchard vient de recevoir le McKinsey & Company Scientific Award 2025. Cette chercheuse en sciences psychologiques et de l’éducation a obtenu un mandat de Chargée de recherches FNRS à l’UCLouvain en octobre 2024, mandat suspendu pour un an car elle mène actuellement un postdoctorat à la KU Leuven.

 
Le McKinsey & Company Scientific Award récompense une chercheuse ou un chercheur dont la thèse de doctorat démontre une forte pertinence sociétale et économique, ou encore une applicabilité pratique particulièrement marquante.
La thèse de Marie Annelise Blanchard, qui a permis à la chercheuse de décrocher ce Prix, est consacrée à une meilleure compréhension de l’épuisement parental, et est intitulée : « The temporal dynamics of parental burnout: Extending the network approach to the family system ». Entretien avec la lauréate.
 
 

1- Vous avez mené des recherches sur le burn-out parental. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste ce phénomène et quels en sont les principaux facteurs de risque ?

Pour certains parents, même s'ils étaient auparavant épanouis dans leur rôle, la parentalité peut devenir une source de souffrance plutôt que de joie : ils font un burn-out parental. Cela implique quatre éléments principaux : l'épuisement émotionnel, la distance émotionnelle par rapport à leurs enfants, le sentiment d'être dépassé et l’impression de contraste avec le parent que l'on était auparavant.
Le burnout parental survient lorsque les parents ne disposent pas de ressources suffisantes pour compenser les facteurs de stress liés à la parentalité. Cela signifie que le risque de développer un burnout dépend fortement du contexte de chaque parent : un parent peut être confronté à de nombreux facteurs de stress (par exemple, plusieurs enfants de moins de cinq ans, des difficultés financières), mais disposer également de nombreuses ressources (par exemple, un soutien social important, de l'aide pour s'occuper des enfants, de bonnes capacités de régulation émotionnelle) qui peuvent l'aider à amortir ces risques.
 

2- Quelle méthodologie utilisez-vous dans le cadre de vos travaux ?

Ma recherche visait principalement à mieux comprendre le quotidien des parents (aussi bien les parents en général que ceux en situation d'épuisement parental), ancré dans le contexte de leur système familial. Pour ce faire, nous avons mesuré chaque jour les expériences parentales des parents (notamment leur niveau de fatigue, la complicité avec les enfants et le sentiment de dépassement), ainsi que leur perception des interactions avec leurs enfants, leur partenaire (éventuel) et le contexte social en général. Pour ce faire, nous avons utilisé une technique de collecte de données appelée «échantillonnage intensif » (experience sampling methodology en anglais), qui consistait à demander aux parents de répondre à de brèves questions chaque jour pendant deux mois. Ces données richement détaillées sur les vécus quotidiens nous ont permis d'étudier en profondeur les fluctuations dans les expériences parentales, et d'examiner les schémas récurrents qui se formaient au fil des jours.  
 
 

3- Le McKinsey & Company Scientific Award distingue des projets présentant une forte pertinence sociétale et économique. En quoi vos recherches correspondent-elles ces critères selon vous ?

Le rôle parental a considérablement évolué au cours des dernières décennies, entraînant une pression intense sur les épaules des parents. Aujourd’hui, ça a un impact très réel : en Belgique, environ 8% des parents souffrent de burn-out parental. Même sans atteindre le seuil du burn-out clinique, la plupart des parents connaissent des jours où ils se sentent extrêmement dépassés et épuisés. Mes recherches ont tenté de mieux comprendre et contextualiser ces expériences, dans le but ultime de mieux prévenir et traiter le burnout parental.
Cette recherche sur l'épuisement parental donne ainsi une voix et une légitimité aux parents qui se sentent souvent isolés et coupables de vivre leur parentalité comme une souffrance. De plus, ma thèse, ainsi que d'autres travaux, identifie l'épuisement émotionnel comme la première étape menant à l'épuisement professionnel, et souligne ainsi l'importance de solutions systémiques pour offrir aux parents épuisés des espaces où se ressourcer (par exemple, garde d'enfants gratuite).
 

4- Que représente ce Prix pour vous et pour la poursuite de vos recherches ? Est-ce particulièrement important de soutenir la recherche en sciences humaines et sociales ?

Ce Prix reflète les années de travail qui ont mené à cette thèse, non seulement de ma part, mais aussi de la part de mes collègues, collaboratrices et collaborateurs, et surtout de tous les parents qui ont partagé leur temps et leurs ressentis lors de ces études. Je compte poursuivre mes recherches, en me concentrant particulièrement sur les méthodes et les plans des études d'échantillonnage intensif, afin d'étudier comment nous pouvons mesurer et analyser au mieux les vécus quotidiens.
La recherche en sciences humaines et sociales touche directement à la manière dont nous, êtres humains, façonnons notre expérience du monde, avec toutes nos joies et nos difficultés. Essayer de mieux comprendre les expériences humaines, y compris comment soulager la souffrance, est toujours une quête valeureuse.
 
« Cette recherche sur l'épuisement parental donne ainsi une voix et une légitimité aux parents qui se sentent souvent isolés et coupables de vivre leur parentalité comme une souffrance. »

Blanchard-McKinsey


La plus longue campagne d'observation jamais menée par les détecteurs d’ondes gravitationnelles LIGO, Virgo et KAGRA s’achève aujourd’hui, avec à la clé la détection de 250 nouveaux signaux

Lancée en mai 2023, cette campagne constitue plus de deux ans d’observations coordonnées, menées en parallèle d’un travail continu d’analyse des données. Au total, près de 250 nouveaux signaux gravitationnels ont été enregistrés des quelques 350 événements détectés à ce jour par la collaboration LIGO, Virgo et KAGRA. Cette augmentation remarquable s’explique par l’amélioration progressive des technologies de détection et l’accroissement constant de la sensibilité des instruments.

Pour Gianluca Gemme, porte-parole de la collaboration Virgo et chercheur à l’Institut national italien de physique nucléaire (INFN), « Virgo y a joué un rôle crucial, contribuant à la détection et à la caractérisation de nombreux signaux. Le succès de la campagne O4 témoigne de la force de la collaboration internationale et des efforts constants de nos équipes pour repousser les limites de ces mesures précises et complexes. »

L'analyse de certains des événements les plus intéressants de cette dernière campagne a déjà donné des résultats particulièrement importants. L’événementGW250114, par exemple, a permis aux scientifiques « d’entendre » avec une précision inédite la fusion de deux trous noirs. Cette observation apporte une preuve observationnelle à un théorème formulé en 1971 par Stephen Hawking : la surface totale des trous noirs ne peut qu’augmenter.

La collaboration Virgo rassemble aujourd’hui environ 1 000 membres issus de plus de 150 institutions réparties dans 15 pays, principalement européens. L’observatoire Virgo héberge d’ailleurs le seul détecteur d’ondes gravitationnelles en Europe à ce jour.

Les ondes gravitationnelles sont des signaux cosmiques très faibles, permettant d’observer des phénomènes extraordinaires, comme la fusion de trous noirs ou d’étoiles. Leur première détection, il y a dix ans, a été qualifiée de révolution scientifique. Les ondes gravitationnelles ouvrent la voie à une technique inédite d’observation de l’univers et à l’étude des interactions fondamentales entre les constituants de la matière. Elles sont également sources d’avancées en sciences appliquées car elles nécessitent des développements technologiques de pointe. À plus long terme, elles devraient découler sur des applications pratiques.

L’adhésion du FNRS en tant que membre associé à l’Observatoire européen des ondes gravitationnelles (EGO), au printemps dernier, souligne la contribution significative des chercheurs et chercheuses de la Fédération Wallonie-Bruxelles à ce domaine qui s’annonce porteur d’avancées scientifiques considérables durant la prochaine décennie. À terme, Virgo devrait ensuite être remplacé par une nouvelle infrastructure de grande envergure : le Télescope Einstein. La zone frontalière entre les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne (Eurégion Meuse-Rhin) constitue un site très prometteur pour accueillir le Télescope Einstein. 

VIrgo

© Enrico Sacchetti (photo)